La moisson du temps

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Online Exhibition Clément Borderie La moisson du temps Cinq sérigraphies sur papier
NUMBER OF ARTWORKS : 5 PRICE RANGE : 700 € - 2 500

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Online Exposition La moisson du temps Clément Borderie est un poète qui s’exprime avec le langage de la nature : les images qu’il nous présente se forment sur ses toiles par l’action de la pluie, du vent et de nombreux passagers clandestins, insectes et animaux familiers de nos campagnes.
« La moisson du temps », c’est quatre sérigraphies présentées à travers le processus créatif de l’artiste, qui se conclut avec la récolte des toiles et des traces laissées par le temps qui s’y passe.
“J’ai toujours été sensible au gai savoir, à l’esprit d’enfance, à l’énergie continue que Clément Borderie dégage." Olivier Kaeppelin, commissaire d'exposition, critique d’art et écrivain
Clément Borderie Artiste visuel français PUBLIC COLLECTIONS Collection de la Fondation Colas —Paris, 2003 Collection du Musée MAC/VAL —Val d'Oise, 2001 Collection de la Fondation François Schneider —Wattwiller, 2001
SELECTED EXHIBITIONS Galerie Jousse Entreprise —Paris, 2020 Galerie Pierre Dumonteil —Shangai, 2018 Galerie Fernand Léger —Ivry sur Seine France, 2015
SELECTED GROUP EXHIBITIONS Galerie Jousse —Paris, 2015 Galerie Alberto Aquilino —New York, 2015 Art Stage Singapour —Singapour, 2015
Spring in Charles-Foix - 2003

Size: 140x200 cm
Technic: Serigraphy on paper
Master Craftsman: Jérôme Arcay

2,500‎‎ € / CLASSIC
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The Table - 2017

Size: 110x110 cm
Technic: Serigraphy on paper
Craftsman: Atelier Jérôme Arcay

1,800‎‎ € / CLASSIC
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Precipitation III - 2011

Size: 50x70 cm
Technic: Serigraphy on paper
Craftsman: Atelier Arcay

1,000‎‎ € / CLASSIC
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Precipitation II - 2000

Size: 50x70 cm
Technic: Serigraphy on paper
Craftsman: Atelier Arcay

700‎‎ € / CLASSIC
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Precipitation - 2013

Size: 50x70 cm
Technic: Serigraphy o paper
Craftsman: Atelier Arcay

1,000‎‎ € / CLASSIC
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Cinq rêveries autour de Sinusoïde, quatre saisons

Camille Paulhan, historienne de l’art, membre de l’IAAC (International Association of Art Critics) et de l’HiCSA (Histoire Culturelle et Sociale de l’Art) - 05/04/2020

  • Les matrices métalliques, givrantes ou pas, qui ont servi à Clément Borderie pour la majeure partie des œuvres qu’il réalise depuis près de trente ans, sont encore pour la plupart conservées dans le jardin de l’hôpital Charles Foix, à Villejuif. Précision de taille : le jardin est celui de l’aile gériatrique. Ici, les toiles sont déposées quelques mois, plusieurs saisons ou années. Les patients invisibles derrière les fenêtres peuvent-ils constater heure après heure, jour après jour, les infinies variations colorées qui attaquent les toiles blanches
  • Le cartel de Sinusoïde, quatre saisons, un rien austère, signale la présence de rouille sur toile. Mais en filigrane, lavés à grande eau par Clément Borderie, subsistent sur ces grands canevas de petits piquetages grisés de moisissure, des étoilements légers dus à des excréments d’animaux, des souvenirs de conglomérats de feuilles mortes et d’autres scories. Sur ces tartres poétiques aux teintes et aux motifs nuancés, aucun vernis ne vient fixer ce que la pluie, le vent ou les brindilles ont pu imprimer au fil du temps.

     

Matrices de Clément Borderie dans le jardin de l'hôpital de Charles Foix, en France

  • On souhaiterait lire dans les œuvres de Clément Borderie le ressac d’alluvions, des marées quelconques, des coulées de boue ou le travail de rivière. On imagine volontiers de graves modifications climatiques, houles violentes, et peut-être même – pourquoi pas ? – cyclones tourbillonnants, tempêtes et autres foudroiements soudains. Las, il n’y a ici que le résidu sinuant et ambré des variations journalières des quatre saisons sous notre climat tempéré, accentué par une réfrigération aléatoire.
  • Il doit bien y avoir des éleveurs de rouille comme il y a des éleveurs de poussière ou de moisissure. Léonard de Vinci recommande la contemplation des « murs souillés de beaucoup de taches » ; Vasari dit de Piero di Cosimo qu’il « s’arrêtait parfois pour contempler un mur où s’étalaient des crachats de malades ». La célèbre photographie de Man Ray du Grand Verre de Duchamp a entraîné les deux artistes dans le champ des amateurs de pulvérulence grise. Mais les admirateurs de rouille se font plus rares : plus près de nous, Friedensreich Hundertwasser a célébré dans un manifeste de 1958 cette curieuse rousseur qui apparaît sur les objets métalliques. Clément Borderie lui donne ses lettres de noblesse avec ses toiles sur lesquelles elle apparaît sous la forme d’élégantes marbrures.
  • Je n’aime guère les hôpitaux, encore moins l’idée d’y pénétrer pour y saluer des malades. L’expérience est moins traumatisante lorsqu’il s’agit de matrices auxquelles on rend visite. Dans le jardin de l’hôpital Charles Foix, nous avons erré au milieu des ondulées, des pliées et des circulaires, sur lesquelles le temps suinte et propose, côté pile ou côté face, des formes aussi subtiles qu’imprévisibles. Dans ce lieu où les œuvres s’inventent quand on les laisse en paix, Clément Borderie a retiré délicatement certaines toiles de leur support. Un discret bruit de ventouse a accompagné le geste de l’artiste, à la fois sûr de lui et inévitablement inquiet de voir peut-être la fragile peau piquetée se déchirer.

Camille Paulhan

Cinq rêveries autour de Sinusoïde, quatre saisons

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Un filet à papillon

Olivier Kaeppelin, commissaire d’exposition, critique d’art et écrivain, directeur délégué chargé des programmes à France Culture, ancien directeur des Arts Plastiques au Ministère de la Culture, ancien directeur de la Fondation Maeght - 05/04/2020

« J’ai le goût du merveilleux. Ce sont des restes d’enfance. Il n’y a pas de création sans ça. J’ai un goût très vif pour tous les papillons du merveilleux et j’essaie de les saisir et qu’ils soient observés, vécus ou crées, c’est la même chose… »

Romain Gary in « La nuit sera calme »

 

Je connais Clément Borderie depuis longtemps et j’ai toujours été sensible au gai savoir, à l’esprit d’enfance, à l’énergie continue qu’il dégage.

Je l’ai connu dans sa création, dans des luttes pour la création, au-delà de lui-même, ou au fil des conversations. J’ai toujours eu le sentiment qu’il était un de ces artistes qui disent « oui » au monde. « Oui », puisque nous appartenons à ce monde qui bouge et que nous bougeons avec lui. « Oui » à ce glissement, à ce mouvement qui permet de débusquer la vie, là où elle se manifeste, qu’il faut savoir voler pour la voir se déployer.

Je pense à Gérard Gasiorowski, qui un jour au sein d’un paysage se mit à tourner sur lui-même proférant le mot « oui », répété à l’envie, pour m’expliquer qu’il fallait savoir simplement dire oui au monde. Ce moment, je l’associe à Clément Borderie, à ce « oui » que toute son œuvre dit à la nature. Cette œuvre qu’il conçoit et dont il construit la stratégie conceptuelle, technique, matérielle pour qu’elle puisse dise oui à la pluie, aux saisons, au vent, au givre, aux passages des animaux, à la lumière solaire, à la lumière lunaire.

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Photo 1. Matrice dite du "panier" en été et en automne, avant la récolte du canevas

 

Oui, cela signifie que ses toiles en sont le réceptacle, le laboratoire, le champ de bataille, ou modestement des surfaces pour ces singuliers sismographes.

Clément Borderie n’est pas en prise avec la nature, pour l’imiter, la transposer, la représenter par des moyens sophistiqués qui lui sont étrangers. Il sait que « l’art suprême de la guerre est de ne pas avoir à la faire » et que l’art, acte affirmé de culture, de construction, s’oppose à la belle confusion de cette nature. Il la retourne en alliée et en fait sa langue, c’est-à-dire ses formes, son lexique, son corps.

Sa position rappelle les pensées présocratiques ou extrême-orientales qui se coulent dans le mouvement de la matière, non pour en être l’otage, mais, au contraire pour nous permettre grâce à elle de voir, de comprendre ses déplacements secrets, ses flux concentrés ou étoilés, de prendre conscience et, ainsi, d’incarner ce principe de mobilité qui est le cœur de la recherche de Clément Borderie.

Les techniques de prélèvement, d’emprunte, de maculations font partie de manipulations ou d’opérations qu’ont utilisé de façon régulière les artistes depuis le 19ème siècle. La manière dont ils les représentent, laisse souvent voir le processus menant à leur aboutissement. Nous entrevoyons les étapes et le calendrier d’un processus. A l’opposé, dans l’œuvre de Clément Borderie, nous pouvons tout en ignorer : les mécaniques, les dispositifs, les pièges qu’il a imaginés pour saisir le vif du temps.

Photo 2. Clément Borderie récolte un canevas en forêt

 

Le processus de captation accompli, Clément Borderie opère une rupture avec sa dimension matérielle et pratique pour affirmer la réalité mentale de son projet,  de ces « paysages » qu’il construit. Il réintègre ses toiles, dans une position théorique et sensible de tableau en la relevant, la présentant, alors, à la verticale ou, plus encore, lui donnant structure et châssis. Nous abandonnons la « nature naturante » au profit de la nature construite par la pensée de l’artiste.

Nous sommes alors devant des constellations, nous contemplons, avec fascination, une ligne d’horizon hypnotique sans plus se préoccuper des attendus de son projet.

Cependant, par la méthode mise au point, la nature représentée n’est plus juste une image mais un corps véritable dans lequel notre regard est inclus. Le temps du tableau est notre temps, celui que la toile a vécu et que nous vivons avec elle, à travers les travaux et les jours.

Les deux entités, celle de l’œuvre et celle du regardeur, partagent cette même expérience de la matière et de ses modifications. En regardant les œuvres de Clément Borderie, je ne me sens jamais « séparé ». J’éprouve, au contraire, le sentiment mystérieux d’une étonnante fusion entre  mon corps et celui de l’œuvre, comme si avec elle j’appartenais, anonyme mais par l’art, à la terre, au ciel, à l’eau, à cet immense remuement de l’univers en un même espace célébrant cette réconciliation.

Olivier Kaeppelin

Un filet à papillon

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Interior Settings with Clément Borderie

- 05/04/2020

The "Apartment view" illustrates how artworks live in different interior settings.

An artwork's destiny is to become part of one's private space, which includes other art pieces as well as functional objects.

Interior Settings with Clément Borderie

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